''Brest-Atlantiques-2019 '' Les actualités de la course du 19 novembre 14ème jour @Batlantiques @GitanaTeam @trimaranMACIF @Sodebo_Voile @TeamActualeader #Smartrezo

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Article N°23467

''Brest-Atlantiques-2019 '' Les actualités de la course du 19 novembre 14ème jour @Batlantiques @GitanaTeam @trimaranMACIF @Sodebo_Voile @TeamActualeader #Smartrezo

 

Resserrement général avant Le Cap !

Après deux semaines de mer, la flotte de « Brest Atlantiques » se resserre depuis plusieurs heures en raison d’une situation météo favorable aux bateaux venant de l’arrière qui profitent de la remontée de l’anticyclone de Sainte-Hélène pour filer tout droit, là où le leader, le Maxi Edmond de Rothschild, aura enchaîné six empannages. Ce dernier est attendu mercredi soir au Cap, deuxième et dernière marque de parcours, où le quatrième, Sodebo Ultim 3, qui a perdu mardi l'arrière du flotteur tribord, s’arrêtera une dizaine d’heures plus tard.

Les grands sourires sont de sortie sur Actual Leader ! Si Yves Le Blevec et Alex Pella ont énormément souffert après Rio lorsqu’il leur a fallu affronter pendant trois jours des conditions dantesques (vent fort, mer hachée de face) qui ont énormément sollicité leur trimaran, moins aérien que les autres, la seconde partie de l’Atlantique Sud leur est nettement plus favorable, puisqu’à chaque classement, ils réduisent leur retard sur la tête de la flotte.


La raison de ce resserrement ? Arrivé le premier au niveau de la zone d’exclusion des glaces, le Maxi Edmond de Rothschild (Franck Cammas/Charles Caudrelier) s’est retrouvé coincé sous l’anticyclone de Sainte-Hélène, positionné particulièrement bas, ce qui l’a obligé à louvoyer, vent dans le dos, dans du vent assez faible, entre cet anticyclone et la fameuse "ZEG". Ce mardi après-midi, les deux skippers en étaient ainsi à leur cinquième empannage, sans doute l’avant-dernier, tandis que derrière eux, le trimaran MACIF (François Gabart/Gwénolé Gahinet), deuxième à 135 milles, en aura fait deux, Actual Leader et Sodebo Ultim 3 (Thomas Coville/Jean-Luc Nélias), grâce à la progressive remontée de l’anticyclone vers le nord, ayant tiré tout droit, sans empanner !

Yves Le Blevec et Alex Pella, qui profitent des conditions actuelles (vent aux trois-quarts arrière, mer relativement plate) pour battre leurs records de vitesse depuis le départ de Brest (31,25 nœuds entre 8h et 16h), ont en outre bénéficié du ralentissement forcé de Sodebo Ultim 3, suite à la casse du safran tribord (qui a conduit à la perte de l'arrière du flotteur), pour s’emparer de la troisième place. Ce qui faisait dire à Yves Le Blevec mardi matin : « Évidement, ce serait mentir de dire que cette place gagnée au classement ne représente pas une satisfaction pour l'équipage d’Actual Leader. C'est plutôt la satisfaction d'avoir tenu le rythme de la course et d'être suffisamment proche de nos concurrents pour profiter de la moindre opportunité, c'est cette stratégie que nous suivons depuis le début avec Alex. »

Effectivement, les deux skippers ont dû batailler au début de la traversée Rio-Le Cap en forçant parfois sur leur bateau pour rester dans le même système que leurs concurrents plus rapides, leur ténacité s’en trouve récompensée. Reste que le skipper de La Trinité-sur-Mer parle de « satisfaction prudente et mesurée », ajoutant : « La course est encore longue, le jeu est incroyablement ouvert et il peut se passer tellement de choses jusqu’à l'arrivée que tout triomphalisme serait vain et déplacé. »

Son de cloche similaire chez François Gabart, lors d’une vacation organisée ce mardi pour des salariés de la Macif à Niort : « La situation nous a été plutôt favorable par rapport au Maxi Edmond de Rothschild, on n’a pas dit notre dernier mot, mais il reste beaucoup à faire. C’est en tout cas un scénario super serré, Actual Leader est à 200 milles derrière nous, autant dire rien du tout, c’est plutôt une agréable surprise après 15 jours de mer. »

Le programme des 24 heures qui viennent ? Filer à vive allure vers Le Cap, où le Maxi Edmond de Rothschild est attendu le premier mercredi soir, et où Thomas Coville et Jean-Luc Nélias s’arrêteront pour établir un diagnostic plus précis des dégâts occasionnés sur le flotteur de Sodebo Ultim 3, puis enrouler Robben Island, île où fut emprisonné pendant presque 18 ans Nelson Mandela, qu’ils devront laisser à bâbord avant d’attaquer la route retour vers la Bretagne… encore lointaine.

Photo : Yann Riou/PolaRyse/Gitana SA


Sodebo Ultim 3 perd l’arrière du flotteur sur la route vers Le Cap

Suite à l'avarie rencontrée sur le safran tribord, les dernières 36 heures ont été chargées à bord de Sodebo Ultim 3. Guidés par leur équipe à terre, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont été bien occupés par le diagnostic et la sécurisation du bateau.  Hier soir, après avoir assuré le gréement, ils ont perdu l'arrière du flotteur tribord. Cela n'entrave pas leur progression vers l’Afrique du Sud. Sodebo Ultim 3 se trouve actuellement à 880 milles du Cap, où l’escale technique s’organise pour l’accueillir d’ici 48 heures.

Suite au choc d’hier qui a conduit à la perte du safran, le flotteur fissuré s’est désolidarisé du bateau en fin de journée. Après de nouvelles investigations de Thomas et Jean-Luc, la cassure semble nette. De nombreuses heures de travail ont été nécessaires pour garantir la bonne marche du bateau et limiter des dégradations supplémentaires. A la cellule routage, Thierry Douillard tient à souligner « l’incroyable sens marin de Thomas et Jean Luc, qui savent à tout moment passer d’un mode compétition pur, à celui très pragmatique de la raison et du sang-froid pour gérer des situations difficiles, et ce malgré la fatigue et la déception ».

En Afrique du Sud, l'escale se prépare. Le matériel est parti hier, et trois membres du team seront sur place dès mardi soir : François Duguet, le boat captain, Frédéric Gastinel, le responsable mécanique/hydraulique/accastillage et Patrice Richardot, technicien composite. Les contacts avec des acteurs locaux ont déjà été établis pour répondre aux éventuels besoins matériels et humains. Une autre partie de l'équipe arrivera au Cap mercredi et pourra, à l’arrivée du bateau jeudi, dresser un bilan structurel et estimer le temps à passer sur les réparations. La décision sur la suite à donner pourra alors être prise. L'engagement et la détermination des hommes sont intacts : ils feront tout le nécessaire pour permettre au dernier né des Ultims et à son équipage de repartir au plus vite.

Mot du bord // Récit de Martin Keruzoré ce mardi 19 novembre

"Ces dernières 24 heures, par où commencer ? Un fait, une suite de mésaventures, une corrélation d’évènement gérés par Thomas et Jean-Luc. Ces hommes-là ont passé la journée du 18 novembre sur le pont pour sécuriser la situation, éviter le sur-accident. L’ambiance grand Sud était au rendez-vous, lumière grise, un ciel plombé sillonné d’une multitude d’oiseaux, 20–25 noeuds d’un vent froid venant clôturer la carte postale. Dans ces conditions, il a fallu jouer les équilibristes sur le flotteur sous le vent afin de détacher le safran pour éviter qu’il continue d’endommager le fond de coque. Une fois cette tâche accomplie après plusieurs minutes à faire du rodéo, nous voilà repartis, mais très vite, la partie arrière du flotteur se dégrade à vue d’œil, la mer venant s’engouffrer dans le trou ou logeait la tête de safran. Les deux marins du bord réagissent et pensent à sécuriser le gréement si un de ses points d’ancrage venait à être fragilisé par la suite. Le relais s’effectue rapidement avec la cellule de routage à terre et l’opération peut commencer. Pour ma part, je suis là, attentif et spectateur de cette scène, ce duo, même dans des situations comme celle-là, fait preuve d’un calme et d’un grand sens marin. Thomas doit à nouveau revêtir le baudrier pour monter dans le hauban et y passer une garde. La lumière s’assombrit, la fin de journée approche, le mât est entre de bonnes mains, un aparté terrestre vient égayer cette fin d’épisode avec le passage au vent de Gough Island, une île égarée aux falaises plongeantes dans l’Atlantique Sud et aux sommets perdus dans les nuages. Quelques minutes plus tard, Sodebo Ultim 3 se déleste à nouveau d’une partie du flotteur arrière qui n’a pas supporté les assauts perpétuels de l’Océan. Ce matin, nous nous dirigeons toujours vers Le Cap à plus de 30 noeuds, la coque sous le vent volant en équilibre sur son foil. Bonne journée." Martin

Photo : Martin Keruzoré/Sodebo




La mi-course pour tous, dernier empannage pour les leaders

Après le Maxi Edmond de Rothschild à 1h45 et le trimaran MACIF à 8h30, Sodebo Ultim 3 puis Actual Leader ont à leur tour franchi lundi la longitude de Gough Island à la limite de la zone d’exclusion des glaces, respectivement à 18h50 et 19h30. Yves Le Blevec et Alex Pella, « le coude sur la portière à 30 nœuds », pour reprendre l’expression du premier dans une vidéo envoyée par son media man Ronan Gladu, se sont emparés peu après de la troisième place aux dépens de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, alors que la mi-course en distance a été atteinte par la totalité de la flotte.

Les deux skippers de Sodebo Ultim 3 ont passé une grande partie de leur journée de lundi à tenter de se débarrasser du safran tribord cassé dans la nuit dans un choc avec un OFNI. Ce dernier pendait à l’arrière du flotteur qu’il abîmait au contact de la mer, d’où la nécessité pour Thomas Coville de rentrer dans le flotteur pour le décrocher, ce qu’il est visiblement parvenu à faire, comme l’atteste la spectaculaire vidéo envoyée lundi soir par Martin Keruzoré, qui a sans doute dû jouer les équilibristes pour parvenir à filmer cette opération périlleuse.

Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont annoncé leur arrêt prochain au Cap, où ils devraient arriver jeudi soir. En attendant, malgré ce safran en moins, ils continuent de maintenir une bonne moyenne, de 26,5 nœuds entre les classements de 4h et 8h mardi, plus rapide que celle d’Actual Leader (25,8), qui les devance de 30 milles à 8h.

En tête de flotte, le Maxi Edmond de Rothschild en est à son troisième empannage au sud de l’anticyclone de Sainte-Hélène, qui commence à remonter vers le nord, ouvrant la porte à Sodebo Ultim 3 et Actual Leader, le quatrième et dernier devrait rapidement suivre dans la matinée pour le leader qui, s’il fait plus de route, a repris de la vitesse (32,3 nœuds de moyenne entre 4h et 8h). A 800 milles du Cap, Franck Cammas et Charles Caudrelier comptent 51 milles d’avance sur François Gabart et Gwénolé Gahinet, qui ont effectué leur premier empannage ce matin et devront en caler un deuxième juste avant la zone d’exclusion des glaces. Au programme ensuite pour tous, un long bord de vitesse vers Le Cap, où la flotte est attendue en une douzaine d’heures entre mercredi et jeudi.




 

Voici le mot du bord envoyé ce mardi 19 novembre par Ronan Gladu, media man à bord d'Actual Leader.

"Les nouvelles sont bonnes sur Actual Leader ! Enfin, enfin, nous avons doublé cette dépression, mème si le vent est resté fort pendant 24 heures, la mer n'a fait que se calmer. Du coup, les moyennes on fortement augmenté, le stress est redescendu et le sommeil fut réparateur.

Yves & Alex peuvent être fiers de leur performance, ils ont su rester bien dans le match. Maintenant que la météo est en notre faveur, on remonte bien ! La tête de la flotte bute dans l’anticyclone de Sainte-Hélène, obligée de faire un grand détour et beaucoup de manœuvres. Pour nous, c’est ‘tapis rouge’, mer plate, on continue d’avancer tout droit avec le vent de la dépression. Si mes marins arrivent à bien réparer le filet, on est bien conscient d’avoir de la chance, « de la réussite » comme ils disent.

On en prend d’autant plus conscience au vu des malheurs de Sodebo. Cela peut nous arriver également, n’importe quand, à faire les malins à plus de 30 noeuds. Donc, grosse pensée pour Thomas, Jean-Luc, Martin, ainsi que toute l’équipe Sodebo : vous allez réparer ça vite à Cape Town et revenir nous stresser, j’en suis sûr, la course est encore longue !

Depuis hier, nous somme dans les « Quarantièmes rugissants » ... Comment je vais me la péter grave ! Pas encore de quoi « pisser contre le vent » comme un Cap Horrnier… mais peut-être de quoi faire un p'tit pipi « au près un peu débridé » ?!

Whaha, en tout cas hier, en passant près de l’ile de Gouth, c’était magique. Même si nous n'avons vu qu’un petit bout de caillou au loin, à travers les nuages… on a eu le droit à un coucher de soleil ! Le soleil, on l’avait oublié celui là. En prime, tout autour du bateau, des centaines d’oiseaux, dont quelques albatros : spectacle génial !

Point négatif de ces 40e… Ca caille, sévère. Le vent apparent pique bien fort, Alex a sorti la cagoule. A l’intérieur, le carbone n’est pas un très bon isolant, encore moins avec les trappes ouvertes. Du coup, je jalouse grave les sacs de couchage de l’espace d'Yves et Alex, moumoute intérieure, gore-tex extérieur. Il faut dire que je suis congelé dans ma m.... "10°" de « supermarché du sport » !
En même temps, c’est de ma faute : Sandrine, la team manager, m’avait proposé le même, j’aurais dû accepter. Apparemment, on a de la chance d’avoir du vent de nord, sinon je me serais transformé en glaçon. Et puis avec l’été, on va vite retrouver la chaleur en remontant. Voilà pour aujourd’hui, le moral est au top, la machine lancée pleine balle à 30 noeuds par 42° sud..."

Photo : Ronan Gladu/Actual Leader


Yves Le Blevec : "Satisfaction prudente et mesurée"

Yves Le Blevec commenté mardi matin le passage d'Actual Leader à la troisième place de Brest Atlantiques.

"Actual Leader, troisième de Brest Atlantiques : ma vision de notre nouvelle position au classement...

Hier, en fin de journée nous avons doublé Thomas et Jean-Luc sur Sodebo, nous ne nous sommes pas vus physiquement, uniquement par l'intermédiaire de l'AIS. Nous aurions pu nous appeler par VHF, mais je pense que ni l'un ni l'autre n'avait le cœur d'entamer une conversation dans ce genre de situation. Simple et cruelle.

Évidement, ce serait mentir de dire que cette place gagnée au classement ne représente pas une satisfaction pour l'équipage de Actual Leader. C'est plutôt la satisfaction d'avoir tenu le rythme de la course et d'être suffisamment proche de nos concurrents pour profiter de moindre opportunité, c'est cette stratégie que nous suivons depuis le début avec Alex.

Satisfaction prudente et mesurée, ce qui est arrivé à Sodebo peut nous arriver également. Que ce soit un élément extérieur ou une casse technique, nous ne sommes pas à l'abri du même genre de mésaventure... Et nos concurrents ne nous attendront pas. La course est encore longue, le jeu est incroyablement ouvert et il peut se passer tellement de choses jusqu’à l'arrivée que tout triomphalisme serait vain et déplacé.

Je souhaite sincèrement à Thomas et Jean-Luc de rallier rapidement Cape Town et de pouvoir reprendre la course au plus tôt, le potentiel de leur bateau et les aléas météo peuvent les remettre dans le match rapidement. A bord d'Actual Leader, Alex et moi continuons sur notre rythme soutenu et régulier, dès ce soir, nous arrêterons de nous éloigner du départ, nous nous rapprochons de l'arrivée."

Yves

 

Armel Le Cléac’h : « Le jeu est encore très ouvert jusqu’à Brest »
Photo : Easy Ride / BPCE

Revenu de Salvador de Bahia où il a terminé à une très bonne sixième place de la Transat Jacques Vabre en Imoca avec Clarisse Crémer sur Banque Populaire X, premier bateau à dérives sur la ligne d'arrivée, Armel Le Cléac’h n’a pas manqué, y compris lorsqu’il était en mer, de suivre « Brest Atlantiques », lui qui attend pour 2021 son futur trimaran Ultim, Banque Populaire XI. Il livre son analyse de la première partie de course.

As-tu pu suivre « Brest Atlantiques » depuis le départ le 5 novembre ?
Oui, j’ai suivi le début de la course en mer, quand j’étais sur la Jacques Vabre, j’essayais de regarder les classements, et même si je n’avais pas les images, l’équipe me donnait aussi quelques nouvelles. Après, juste après notre arrivée à Bahia, le Maxi Edmond de Rothschild s’y est arrêté pour son escale, on a donc pu voir Franck et Charles lors de ce « pit stop ». Et depuis, je suis de très près le déroulement de la course, avec le regroupement général à Rio, les quelques jours très difficiles qu’ils ont eus ensuite, la situation était assez exceptionnelle parce que c’est très rare d’avoir du près comme ça pour redescendre vers l’Afrique du Sud. Au niveau météo, ça m’intéresse de suivre leurs trajectoires et bien sûr, dans la perspective de notre futur trimaran Banque Populaire, je suis très attentif aux performances de chacun.

Après Rio, ils ont effectivement eu trois jours dans du près et de la houle de face, ils en sont tous sortis sans grosse casse, c’est rassurant ?
Oui, c’est encourageant, parce que ce sont les conditions dans lesquelles les bateaux sont les plus sollicités, quand on commence à mettre le pied sur le frein et qu’on ne peut pas aller à 100% des polaires, parce que ça tape de partout. Nous avions vécu ça l’an dernier sur la Route du Rhum, ça avait provoqué quelques problèmes importants, là, clairement, le test est passé et les quatre bateaux sont toujours en course, même si Sodebo va s’arrêter, mais pas pour un problème lié à cette météo. Le fait de fiabiliser les bateaux dans toutes les conditions est un des enjeux importants de la première étape que nous voulons franchir avec la Classe Ultim 32/23, c’est très positif qu’ils aient passé ça, parce que c’est plus difficile à vivre que les vents forts au portant dans les mers du Sud, où tu subis beaucoup moins la mer. Maintenant, je me mets à leur place, ça n’a pas dû être drôle pour les équipages, parce que c’est hyper violent à bord, on a du mal à se tenir de bout, à manger et à dormir, sans compter le stress.

Les seules avaries importantes ont été consécutives à des chocs avec des objets flottants non-identifiés, il n’y a rien à faire contre ça ?
Malheureusement, on se rend compte que sur toutes les courses, des bateaux ont ce genre d’avarie, on l’a vu sur la Transat Jacques Vabre avec Alex Thomson qui a perdu sa quille, et effectivement sur « Brest Atlantiques » pour tous les bateaux, sauf Actual Leader. Et comme nos Ultim vont plus vite, les chocs sont encore plus violents quand ils surviennent, ça provoque forcément une avarie problématique pour la performance et la sécurité des bateaux. Maintenant, il ne faut pas se dire qu’il n’y a rien à faire. On n’évitera jamais les chocs, mais on peut peut-être trouver des solutions pour travailler sur une meilleure résistance des pièces, pour avoir des plans porteurs moins compliqués à réparer. Ce qui est certain, c’est qu’avec le Team Banque Populaire, ça fait partie des éléments sur lesquels on va réfléchir, compte tenu, notamment, de ce qu’il se passe sur « Brest Atlantiques ».

Comment analyses-tu les performances des quatre bateaux ?
On sent que le Maxi Edmond de Rothschild, dès qu’il serre un peu le vent, a une aisance en vitesse, ils ont une capacité à accélérer que n’ont pas forcément les autres, c’est un peu dans la continuité de ce que nous avions vu en 2018. Maintenant, François et Gwénolé ne sont pas loin derrière, d’autant que la météo les aide à revenir un peu, et je pense que les conditions après Le Cap peuvent les favoriser. Le jeu est encore très ouvert jusqu’à Brest, ils viennent tout juste de passer la moitié de la course, je pense qu’il va se passer beaucoup de choses d’ici l’arrivée. Derrière, c’est forcément plus compliqué pour Sodebo avec la casse de leur safran, mais ils ont eux aussi montré de belles choses depuis le départ, et Actual Leader joue avec ses cartes, on sait que le bateau est un peu moins rapide, mais c’est le seul à ne pas avoir eu d’avarie majeure, ce qui lui permet lui aussi de rester au contact. On se rend compte que dès qu’il y a une avarie, ça se compte vite en quelques centaines de milles. Quand on regarde la cartographie aujourd’hui, les bateaux sont quand même très proches, c’est top ! Et au regard de la météo après Le Cap, ça n’a pas l’air simple, je pense que ça va ouvrir des perspectives de stratégies différentes. J’adore suivre la course et ça donne envie !

Justement, tu te projettes sur ton futur trimaran Ultim quand tu vois les images envoyées par les media men ?
Oui, complètement. J’essaie d’imaginer aussi quand je vois leurs trajectoires et la météo quel type de voilures ils ont, comment ils mènent le bateau, c’était justement intéressant de voir les vitesses qu’ils ont pu tenir après Rio dans la mer forte. Il y a des choses qu’on note, parce que nous, aujourd’hui, on est un peu orphelins, il va falloir patienter encore plus d’un an pour avoir notre bateau, donc si on peut s’enrichir en regardant les autres, on le fait. « Brest Atlantiques » est pour nous un super enseignement, parce que les conditions sont très variées et que les bateaux sont différents.

Seras-tu à Brest pour les accueillir ?
Oui, bien sûr ! Je n’ai pas encore regardé précisément les estimations d’arrivées, mais je serai là avec plaisir pour les accueillir, en espérant que les quatre seront à l’arrivée, c’est la priorité.

 


Michel Lecomte

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