Jour 5 Transat Jacques VABRE 2019

31 OCTOBRE 2019 - CINQUIEME JOURNEE




La flotte dessine une très beau quart de cercle ce matin sur la cartographie. Les leaders au sud tangentent les côtes marocaines, le groupe de séparatistes en IMOCA continue sa progression vers l’ouest et entre les deux, les premiers class40 entrent dans le cercle au large du cap Finisterre. Mais la roue peut-elle vraiment tourner sur la route qui conduit à Salvador de Bahia ? Cette journée de jeudi s’annonce en tous cas décisive. Si les Sudistes passent comme des fleurs l’étroit goulet de la dorsale au large de Gibraltar et accrochent l’alizé, ils vont conforter leur avance qui culmine déjà à 173 milles ce matin. Les Nordistes vont-ils enfin pouvoir mettre le clignotant à gauche et accélérer vers Salvador de Bahia pour espérer refaire leur retard ? La première partie de cette 14ème Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, celle qui décidera de la hiérarchie au Pot au Noir se joue dans les prochaines 24 heures.

Multi50 : L’aîle de mouette

Pour les oiseaux agiles que sont les Multi50, dessiner une aîle de mouette est presqu’une formalité ! L’aîle de mouette, c’est ainsi que les marins désignent la trajectoire en deux temps qui permet de franchir une dorsale anticyclonique. Au large de Gibraltar, les étraves des trois Multi50 ont commencé à obliquer vers l’Ouest avant d’empanner pour pointer vers les côtes marocaines où les attend un début d’alizé nerveux. « C’est une navigation sur la pointe des pieds pour ne pas ralentir le bateau. On jongle entre les gennakers, il faut être très attentifs mais ce sont des conditions de navigations très agréables sur mer plate » notait ce matin Thibaut Vauchel-Camus. « On prévoit d’empanner dans deux heures environ pour attraper l’alizé dès ce soir ». La carte postale va nettement changer et la cavalcade vers le Sud commencer pour les mobylettes du large.

A l’entrée de la zone de vents faibles, les deux poursuivants GCA Mille et un sourires et Primonial ont bien recollé, à moins de 40 milles ce matin. Comment l’élastique se retendra en sortie de système ? Telle est la question du jour pour les Multi50 qui se livrent une très belle bagarre depuis Le Havre.

IMOCA : Apivia en pointe. Et l’hémorragie continue

Une petite centaine de milles derrière les trimarans, les premiers IMOCA ont passé le cap Saint-Vincent et vont être confrontés à la même problématique à partir du milieu de la matinée. Un peu moins maniables, les monocoques de 60 pieds vont nécessiter de la part de leurs duos d’être très réactifs et de beaucoup manœuvrer : changements de voiles et de trajectoire, gestion des poids à bord, réglages… Mais la meute de brillants tandems qui régate bord à bord depuis le cap Finisterre est rompue à l’exercice et connaît ses gammes. Peu de risques de les voir se faire piéger. S’ils ressortent correctement du système ce soir, leur avance sur les tenants de l’ouest ne sera pas simple à rattraper. Car tant que ces derniers n’ont toujours pas basculer vers le Sud et naviguent à 60 degrés de la route, l’hémorragie continue au classement. Maitre CoQ qui a pris un léger avantage sur Bureau Vallée II et Hugo Boss hier pointait à 173 milles au classement de 5 heures, du nouveau leader Apivia. A bord du plan Verdier, le duo Dalin-Eliès a été le plus rapide au large du Portugal hier soir et cette nuit, doublant à leur vent PRB et Charal. Mais Charlie Dalin gardait la tête froide à la vacation : « Ce qui compte au passage des dorsales, ce n’est pas l’ordre à l’entrée mais à la sortie. C’est là que se creusent les écarts, d’autant que le vent a l’air très établi le long du Maroc et au passage des Canaries » En attendant, Apivia peut compter à ses côtés sur deux lièvres de qualité que sont PRB et Charal. Et derrière, la bataille fait rage avec Banque Populaire IX, premier bateau à dérives, auteur d’une trajectoire impeccable depuis le départ. Clarisse Crémer et Armel Le Cléac’h sont eux -mêmes aiguillonnés par un petit groupe emmené par le tandem Le Cam/Troussel, très en verve également. A noter la belle performance de Romain Attanasio et Sébastien Marsset qui ferment la marche du groupe des Sudistes et s’accrochent sur son vieux plan Farr de 2007 à la onzième place.

Class40 : Bagarre de virements

Pas de changement notoire en Class40. Aïna Enfance et Avenir continue son mano à mano avec Leyton, distant de seulement quatre milles dans le nord. Mais au classement de 5 heures, Made in Midi et Crosscall Chamonix Mont Blanc, se sont emparés de la deuxième et troisième place. En distance au but, leur position un peu plus Sud que le tandem Aïna Enfance et Avenir -Leyton leur donne un léger avantage. « Ils étaient un peu en retrait et ont su plonger au sud ce que nous ne sommes pas parvenus à faire » reconnaissait ce matin Pierre Leboucher sur Aïna Enfance et Avenir. « On commence à avoir 100 milles d’écart en latéral, ça commence à faire un bon bras de levier ». En tous cas, ces quatre bateaux ont pris un avantage d’une vingtaine de milles sur le second paquet emmené par Linkt et où l’on retrouve le surprenant tandem Charles-Louis Mourruau et Estelle Greck qui tire le meilleur de son Pogo de série. Pour eux la cadence sera évidemment plus dure à tenir lorsque les Class40 feront route au reaching.

Avant cela, il faut encore serrer les dents dans ce vent medium de sud-ouest qui éloigne de la route mais va grimper en prenant un meilleur angle dans les prochaines 24 heures. De quoi espérer basculer vers Bahia et choquer enfin un peu les écoutes.
 


Cinquième jour de course depuis le départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, dimanche dernier du Havre, et déjà une grosse fatigue accumulée pour les 54 équipages en mer. Les petits bobos, les erreurs de jugement parfois sont intimement liés au sommeil des marins. Jean-Yves Chauve, médecin de la course, connu comme le loup blanc chez les coureurs au large depuis 1987, confirme l’importance de la récupération sur cette transatlantique marathon.

« Le cas de William Mathelin-Moreaux est significatif de l’état de fatigue en mer » explique Jean-Yves Chauve. Victime d’une luxation de l’épaule suite à un choc contre une vague, le co-skipper de Beijaflore a été contraint de rentrer au port pour se faire examiner. Le verdict est tombé : abandon obligatoire. « Les premiers jours de course, les skippers ont du mal à rentrer dans le rythme de la mer et ne dorment pas beaucoup. Peu à peu, s’il y a petites blessures ou choc, l’état de fatigue fait que ça cicatrise moins vite et avec l’humidité permanente cela peut devenir un vrai problème » poursuit le médecin de la course. Aujourd’hui, à part les Sudistes qui commencent à enlever les couches et à sécher dans cette fameuse zone de hautes pressions où le vent est faible, le gros de la flotte est encore dans la boucaille et l’humidité. « On est au près, il y a du brouillard, on a hâte de pouvoir se changer, on commence à mariner dans notre jus ! » explique Mathieu Claveau sur son Class40 Prendre la mer Agir pour la Forêt.

De 20 mn à 1h30 de sommeil

Les skippers, une fois les deux premiers jours passés en mer, s’organisent par quarts. Pendant que l’un veille, l’autre se repose. « Il y a deux phases idéales de récupération. Le minimum pour récupérer est de 20 mn, on appelle cela le sommeil « parking », le temps de plonger dans un sommeil profond. L’idéal, c’est un sommeil de 1h30 à faire trois fois par 24h » explique Jean-Yves Chauve, créateur du laboratoire du sommeil et passionné par le sujet. « Le cycle de 1h30 permet de plonger dans le sommeil profond (30mn), y rester (30 mn) et remonter (30mn), exactement comme en plongée » poursuit celui qui reste en veille à terre H24 en cas de problème humain.

Champignons et problèmes cutanés

Le sel, l’humidité et plus tard la chaleur : l’environnement est idéal pour les bactéries et les champignons. « En cas de blessure même minime, il faut faire attention, car l’environnement dans lequel il vive est propice à la détérioration. Les problèmes cutanés sont légions en mer. » A cause de leur combinaison étanche sur cette première phase de parcours, l’irritation au cou et au poignet vient rapidement et doit se soigner. Crèmes antibiotique et autres médicaments composent la pharmacie du bord minutieusement dictée par Jean-Yves Chauve. En cas de problème, les skippers peuvent le joindre pour explication et éventuellement traitement médical à suivre en mer…

 

METEO DE LA JOURNEE

Alors que les IMOCA de l’ouest naviguent toujours penchés  au près sous l’influence du système dépressionnaire des Açores, les leaders du Sud abordent dans la douceur la zone de hautes pressions qu’il faut traverser pour prendre son ticket pour l’alizé. Toute la question est de savoir si les trois Multi 50 et les onze premiers IMOCA vont  être un peu ou franchement ralentis par cette  dorsale. Pour l’instant, les choses ont l’air de bien se passer pour le leader. Mais entre les fichiers et la réalité,  la sortie du tunnel est parfois plus longue qu’escomptée.

« On a bien soigné le point d’entrée avec Erwan Tabarly notre routeur et maintenant, c’est à nous de jouer avec les risées et faire marcher le bateau le plus vite possible » expliquait à 5 heures ce matin Thibaut Vauchel-Camus. Son trimaran bleu était le premier à loffer dans le vent adonnant de la dorsale. Il prévoyait d’empanner dans une paire d’heures pour redescendre de l’autre côté du phénomène en dessinant ce que coureurs et météorologues appellent une aile de mouette.

Dorsale, aile de mouette, késako ?

Une dorsale est l’excroissance d’un système de hautes pressions (un anticyclone). Elle est délimitée par un axe. Le vent tourne en sens inverse de chaque côté de cette frontière où il peut régner des calmes plats. 

Comme dans l’hémisphère nord, le vent tourne autour des aiguilles d’une montre dans les anticylones, les concurrents s’engagent d’abord vent de travers. Puis au fur et à mesure qu’ils avancent, le vent adonne. Ils loffent pour conserver de la vitesse, c’est la première partie de l’aile de mouette avec une route qui s’incurve vers l’ouest. Une fois l’axe franchi, le vent passe du nord-ouest au nord-est,  il est alors temps d’empanner. Sur l’autre bord, dans du vent faible, le bateau est là aussi obligé de loffer pour maintenir sa vitesse et voilà que se dessine la deuxième partie de l’aile de mouette. 

De la théorie à la pratique

Plutôt simple dans les livres ou derrière son ordinateur, le phénomène  peut vite se compliquer in situ : « Les fichiers, ce n’est pas la vraie vie confirmait ce matin Charlie Dalin et on risque de passer en plusieurs empannages. Je préfère m’attendre au pire… ». L’axe n’est pas tracé dans l’atmosphère et sentir à quel moment on bascule vraiment d’un côté à l’autre n’est pas toujours simple. La surveillance du ciel mais surtout du baromètre électronique sont d’un précieux secours. Le feeling aussi qui impose d’être à la fois sur les réglages et souvent à la barre pour sentir le bateau. A la manoeuvre également quand il faut jongler entre toutes les voiles de portant, code zéro, gennakers voire spi, sans parler du matossage qui fait aussi partie de la donne lorsqu’on veut tirer le meilleur de son bateau. Bref, les heures qui s’annoncent pour les IMOCA ne sont pas vraiment reposantes même si la traversée du système de jour est plus simple. 

En Multi 50, c’est plutôt plus confortable, d’abord parce que le plan de voilure comporte moins de voiles entre lesquelles jongler et qu’une fois tous les poids placés sur l’avant, il n’y a pas vraiment de matossage aux changements d’amure.

A 8 h 30, comme annoncé, Solidaires empannait, bâbord amures désormais, cap vers Casablanca. Avec seulement 9 noeuds de vitesse, le Multi50 a certes ralenti mais va accélérer dans les prochaines heures, tout en remettant progressivement du sud dans sa route. L’alizé lui tend les bras dans une centaine de milles. Premier à ralentir, Solidaires en Peloton ARSEP voit revenir dans le rétroviseur ses deux poursuivants mais il sera aussi le premier à redémarrer. Comme le rappelait Charlie Dalin ce matin : « L’ordre d’entrée dans une dorsale compte moins que celui en sortie. C’est là que se font les gains » Ce sera d’autant plus vrai ici que l’alizé qui attend les concurrents sous la latitude de Madère a l’air bien nerveux, 20 noeuds sur les fichiers, sans doute plus dans la réalité.

La promesse de l’alizé

Pour tous les tandems concernés par le phénomène dans les prochaines 24 heures, le point d’empannage à la côte marocaine devra être soigneusement choisi. C’est en effet lui qui  conditionne la route par rapport à l’archipel des Canaries qui présente de hauts reliefs très perturbateurs sur plus de 50 milles sous leur vent… Certains préfèreront aussi ne pas aller trop loin au sud-est pour éviter de tangenter de nuit la côte marocaine qui fourmille de barques de pêche non éclairées…

Même ralentis pendant une douzaine d'heures, les IMOCA du Sud continueront d'afficher des progressions plus importantes sur la route de Bahia que leurs concurrents de l'ouest qui n'en finissent pas de manger leur pain noir bâbord amures, avec 5 noeuds de moyenne de rapprochement sur la route seulement. Autant dire qu'il va vraiment falloir que ces derniers soient très véloces une fois qu'ils auront pu virer de bord pour espérer combler leur retard... Même si avec seulement un quart de la route entre le Havre et Salvador de Bahia couverts ce matin, beaucoup de choses peuvent encore se passer.


 

5ème JOUR de course : L'ACTUALITÉ DES EQUIPAGES


 


« Ca ne se passe pas comme on veut. On a pris l’option la plus dure et finalement la moins rapide » expliquait à la vacation de midi Yannick Bestaven sur Maître CoQ. C’est la nouvelle du jour : l’option ouest n’est finalement pas payante. Toutes les étraves pointent donc désormais vers le sud et les écarts sont considérables ! Hugo Boss, à 12 nœuds au près, affiche 273 milles de retard sur le premier IMOCA et Apivia, qui caracole à 17 nœuds au portant en approche des alizés. Du côté des Class40, Made in Midi a pris les commandes de la course devant Crosscall Chamonix Mont-Blanc. D’une partie d’échecs, la Transat Jacques Vabre Normandie le Havre prend aujourd’hui un tout autre visage, celui d’une course de vitesse…

Class40 : Dans la boucaille au près

Du près, encore du près et beaucoup de tactique sous un ciel gris, et pas mal de trafic maritime du cap Finisterre à Lisbonne. En ce 5ème jour de course, les équipages rêvent de soleil et d’alizés pour faire sécher les bottes et se changer. « On en a ras-le-bol de faire du près. La mer est formée, croisée, il faut jouer beaucoup avec les rotations du vent », racontait ce midi Pierre-Louis Attwell (Vogue avec un Crohn). Dans cette flotte de 23 bateaux, les petits décalages initiés dès la pointe de Bretagne sont à surveiller de près. Car si Kito de Pavant et Achille Nebout (Made in Midi) naviguent en pointe et de belle manière en approche de Lisbonne, suivis 5 milles derrière par Louis Duc et Aurélien Ducroz (Crosscall Chamonix Mont-Blanc), il y a une meute de favoris légèrement décalés dans l’ouest. « On est à l’attaque, notre route différente n’est pas si mal que ça ! » confiait Ian Lipinski à bord de son Crédit Mutuel au nez rond et spatulé. Avec Leyton et Aïna Enfance et Avenir en embuscade et une meute d’équipages de régatiers affûtés, la régate ne fait que commencer en Class40. Dans les têtes, ça cogite dorsale et alizés !

Multi50 : Lamiré/Carpentier en tête

Les routes se sont séparées ce matin chez les Multi50 : Solidaires En Peloton ARSEP est parti dans l’est, Groupe GCA – Mille et un sourires et Primonial se sont décalés dans l’ouest, très collés-serrés avec 2 milles d’écart, genre régate de match racing. « On essaie de faire la route la plus courte. On se trouve bien sur ce bord, notre décalage nous a bien réussi », expliquait Gilles Lamiré (Groupe GCA – Mille et un sourire) ce midi. La zone de vents faibles a ralenti les Multi50 sans jamais les arrêter, mais a mis un bon de coup de pression au tandem Vauchel-Camus/Duthil en tête depuis le départ. Le grand coup de pied aux fesses devrait avoir lieu dès ce soir avec l’accroche des alizés, ces vents portants de nord-est forts (entre 20 et 25 nœuds) qui vont faire débouler les trimarans très rapidement vers le Pot au Noir. La régate aussi chez les Multi50 ne fait que commencer !

IMOCA : La grande désillusion des partisans de l’ouest

Ils ont viré de bord dans la matinée, constatant que jamais la bascule n’arriverait. Hugo Boss en premier, suivi de Maître-CoQ, Bureau Vallée II, Malizia II – Yacht Club de Monaco et Groupe Prysmian. Le groupe fait désormais cap au sud conscient qu’il a beaucoup perdu sur cette route risquée dont tous croyaient hier encore qu’elle allait payer. « La suite n’est pas simple pour nous et on va essayer de limiter les dégâts. On a 24 nœuds au près et on fait un cap au 155-160 c’est-à-dire 20° en-dessous de ce qu’il faudrait faire. Le vent va prendre de la droite bien sûr, mais ce qui me fait peur, c’est la barrière anticylonique qui ne va pas être simple à traverser. Il faudrait qu’on aille très vite pour passer et ce n’est pas vraiment le cas… » confiait Yannick Bestaven (Maître-CoQ) juste après son virement de bord. Pendant ce temps-là, au large du Maroc, les foilers font parler la poudre : Apivia et Charal bataillent en tête à 5 milles d’écart, et derrière ça se chamaille : Initiatives Cœur, PRB (qui a effectué une pénalité d’1h30 ce matin) et Banque Populaire X se tiennent en 6 milles, tandis qu’une belle bagarre voit s’affronter quatre équipages : CORUM L’Epargne, Groupe Apicil, Arkea-Paprec et 11th Hour Racing encore ralentis dans la dorsale. La flotte des IMOCA s’étale ce soir sur 350 milles, du jamais vu sur une Route du café !

Avarie en mer

Time for Oceans (IMOCA), suite à une collision avec un OFNI a subi des dégâts (dérive tribord et hydrogénérateur endommagés). Stéphane Le Diraison et François Guiffant continuent et attendent des conditions meilleures pour réparer.

Rappel :

4 abandons (Lamotte-Module Création, Beijaflore, SOS Méditerranée, KIHO)

1 arrêt au stand : MACSF à Lorient






Hello !! Tout va bien à bord, on attend des vitesses à deux chiffres !!
Encore un bon 24 heures avant de desserrer les écoutes !!







Le bateau a percuté un OFNI, la dérive tribord et l’hydrogénérateur sont endommagés.
La météo ne leur permet pas de tenter une réparation tout de suite. La course continue !  Les marins ont le moral !





25% de la Route du Café engrangés ! Plus précisément 26% pour le premier Multi50 ce soir (Groupe GCA - Mille et un sourires)
et 25% pour le premier Imoca (Apivia). Le premier Class40 (Made in Midi) a parcouru 18% du chemin vers le Brésil.
La compétition jusqu'à la Baie de Tous les Saints est loin, très loin d'être terminée...


 

Nous sommes encore au près à cette heure à 340 milles du cap Finisterre en direction du Sud dans 18/20 noeuds de vent, une mer inconfortable sous un plafond nuageux assez intense en bordure de la grosse dépression qui monte maintenant dans le Nord Est Atlantique. Depuis hier, nous n'avons fait que du près avec quelques virements de bord en fonction des changements de direction du vent. Nous ne sommes plus le plus extrême des Class40 à l'Ouest de la flotte. C'est maintenant Crédit Mutuel. Hier aurait pu être une de ces journées sans histoire. Mais malheureusement, ce ne fut pas le cas. En milieu de l'après-midi, le solent est tombé le long de l'étai. C'est le nouveau système que nous expérimentons et qui permet de garder le solent enroulé sur l'étai ou de le descendre et le retirer de l'avant au choix, qui a fait des siennes. Apparemment, le système n'est pas assez robuste pour les conditions de mer que nous rencontrons. Résultat des courses : Pietro est monté dans le mât pour récupérer la drisse restée en haut. Fort heureusement les conditions de mer le permettaient. Il n'empêche que ce n'est pas une partie de plaisir : il est sorti de là avec quelques contusions mineures mais content d'avoir pu récupérer la drisse. On a pu renvoyer le solent après. Il est fort heureux que ce ne soit pas arrivé de nuit ou même aujourd'hui où la mer est beaucoup plus cabossée. Cela nous a fait perdre une grosse heure, en plus des évènements de la veille. Pas de bol, mais je suppose que c'est la vie et qu'on doit être heureux de s'en tirer à si bon compte et nous ne sommes certainement pas les seuls à rencontrer des soucis sur la flotte. Une petite pensée de réconfort pour les 4 Class40 qui ont abandonné. Merci Vanessa d'avoir repris la plume pour nous donner des news de la terre, parce que à part les positionnements des autres bateaux et le mail pour les vacations (qui n'a encore pas fonctionné aujourd'hui : pas reçu d'appel sur le fleet !), on pourrait imaginer être en route pour des îles inhabitées aux confins du monde de bruit et de fureur qu'est devenu notre quotidien à terre. Bon c'est peut-être un peu exagéré, mais l'imagination retrouve ses droits en mer les jours où il n'y a pas trop de choses à faire à bord ! 

Comme vous l'avez vu, nous avons pris une option Ouest très tôt (et sans doute peut-être un peu trop nord). Nous avons un peu manqué de vitesse avec nos petits soucis et nous ne prenons pas de risque dans les manoeuvres. Du coup on est un peu en retrait par rapport à ce qu'on espérait quand on a préparé notre route au moment du départ. Maintenant sur cette option Ouest, il faut aller au bout et voir si on a eu raison par rapport aux sudistes (Kito très en forme en tête) et par rapport aux ouestriens avec la magnifique performance de Aina et Leyton. On verra cela déjà aux Canaries qui est le prochain sujet d'attention sur la route : ou sera l'anticyclone ? Comment passer ces zones de calme au mieux ? on verra.

 




Ici ça penche et ça tape au près !Je repense à mon fils Eliot (4,5 ans) qui avant de partir fabriquait un bateau en lego qui avait la particularité d'aplanir les vagues !  Ce serait fort utile ici !!! Bref sinon, on tente de tenir la cadence avec notre vieux bateau vintage ! Mais dès que le vent va adonner et que l'on va être au reaching, on ne pourra malheureusement rien faire face à nos poursuivants et leur bateau plus récent ! Mais on compte bien ne rien lâcher !





Un petit clin d'œil d'un avant-après 4 jours de course ou 1000 milles d'écart.......Il fait bon enlever les couches.
On ne regrette pas notre option sud... pour la température et l'apparition du soleil en tout cas... Pour le reste, on en saura plus demain ou après-demain ;-)
On donne tout sur Groupe Sétin pour viser au mieux le passage de la dorsale qui est devant nous pour ensuite allez chercher au plus vite les Alizés. Ralentissement ... (ou pas) … sur l'autoroute du soleil : La réponse très bientôt.


Nous voilà à la latitude du Cap St Vincent. Ce matin les conditions de navigation son très agréables à 100° du vent pour une petite quinzaine de nœuds le bateau avance facilement. Cela contraste avec le brouillard épais et le vent aléatoire que nous avons subi toute la nuit. Veille AIS et radar étaient de mise car il y a un peu de trafic maritime dans la zone.
Notre choix de route nous donne pour l'instant entière satisfaction et s'avère plus véloce que nos premières estimations. Les prochaines heures seront importantes avec la gestion du contournement de l'anticyclone et les changements de voiles et de trajectoire qui vont avec.La vie à bord c'est installé et notre rythme de quart est maintenant bien calé. Nous profitons des conditions actuelles pour faire sécher et changer nos vêtements moites depuis la pointe du Cotentin.
Nous rencontrons quelques difficultés à joindre la terre ! Nos téléphones nous donne du fil à retordre et le logiciel de transmission d'images est en grève. nous essayons de trouver une solution pour pouvoir partager plus cette course avec vous.





Bonjour ! 
Une nuit un peu compliquée. Nous avons été freinés dans l’approche de la dorsale anticyclonique qui s’étend au sud de Lisbonne et avons dû composer avec des problèmes de quille. Tout va mieux ce matin. Le bateau file sous code 0 et mer plate. Objectif : passer définitivement cette porte du sud qui s’ouvrait à nous en laissant l’anticyclone derrière nous et gagner la proximité des côtes marocaines pour y toucher l’alizé. Tout va bien à bord. Les températures s’adoucissent et surtout il fait sec !




  

PRB est en train d’effectuer une pénalité en temps d’1h30 sur l’eau pour avoir rompu accidentellement le plomb moteur. Le Jury lui a proposé cette pénalité standard sans instruction, il l’a accepté. Il devait la faire avant le passage de l’Equateur, Kevin et Nicolas ont choisi de la faire maintenant.

Voici l'article 12.2.2 des instructions de course :  

IC 12.2.2       Manière d’effectuer une pénalité en temps en course

Dès que possible après sa décision, le Jury communiquera la pénalité au bateau concerné par l’intermédiaire de la Direction de course. Cette dernière lui indiquera alors une zone ou un délai dans lesquels il devra effectuer sa pénalité.
Lorsqu’il s’apprête à effectuer sa pénalité, le bateau devra contacter la Direction de course qui procédera au chronométrage de la pénalité à partir d’un segment qu’elle aura indiqué au concurrent.

Le segment choisi est 46°N entre le 11°W et le 10°45 W, 

Le bateau a franchi le segment à 07h48’ TU

A 09H18 TU, il recoupera le segment du Nord au Sud, et reprendra sa route normale.



 


 

Hello...     

Pour changer, on tire des bords.

D'ailleurs je ne comprends pas très bien pourquoi on dit "tirer des bords", vu que j'ai l'impression qu'en fait on passe plutôt notre temps à pousser de l'eau. On pousse des vagues, on pousse le vent aussi. Les Terriens pensent que le vent pousse les voiliers, mais quand on a le vent de face, heureusement que ça ne se passe pas comme ça, sinon nous n'irions pas bien loin. Tout du moins pas où nous voudrions aller. Donc c'est bien nous qui poussons le vent, ou plutôt qui glissons à travers pour arriver à avancer.

Même si c'est parfois un peu pénible, c'est tout de même assez magique de constater que nous sommes capables de remonter dans le vent. Il y a quand même eu des progrès dans l'architecture navale.

Autrefois les bateaux remontaient au vent comme la fumée. Les bateaux avec les voiles carrées arrivaient quand même à remonter au vent, mais c'étaient laborieux. Ils arrivaient à naviguer à peine mieux qu'un peu au-delà du vent de travers, et lorsqu'il fallait gagner au vent ils tiraient ce que l'on appelle des "bords carrés".

Il est ainsi intéressant de relire quelques récits historiques de marine pour comprendre à quel point la navigation à voile exigeait patience et persévérance. Par exemple, lorsque l'ex-ennemi héréditaire (c'est à dire l’Anglais) pratiquait le blocus devant le goulet de Brest pendant les guerres napoléoniennes, cela lui demandait une certaine dose d'efforts pour rejoindre la Mer d'Iroise à partir de son port d'attache de Portsmouth.

Lorsqu’il fallait faire la route en plein hiver, avec le train constant de dépressions et par conséquent les vents désespérément de secteur plus ou moins Ouest, il fallait prendre son mal en patience. Le premier bord depuis la sortie du Solent amenait les frégates devant Barfleur, le bord suivant devant Sainte-Catherine, à la pointe sud de l’ile de Wight, celui d'après devant la Hague, le suivant dans la baie de Poole, ensuite au large d'Aurigny... et ainsi de suite. Donc il n'était pas rare que le chemin aller puisse prendre jusqu'à plusieurs semaines. Si avec un peu de chance un anticyclone se développait entre temps sur le continent européen, alors le vent de Nord-Nord Est s'installait, celui que l'on appelle le vent d'amont dans notre Cotentin, et à ce moment-là rebelote pour le retour. A ce train-là, pas étonnant que la Royal Navy en fut contrainte de shangaïer ses équipages, c'est-à-dire enrôler des pauvres bougres bourrés dans les tavernes, car franchement cela ne devait pas être une partie de plaisir et il ne devait pas y avoir foule à se bousculer au portillon pour se faire secouer au près en ingurgitant de surcroît de la nourriture forcément infâme.

Donc, même si le près n'est pas très marrant, il faut penser au bon vieux temps, qui n'était d'ailleurs pas forcément si bon que ça, et se dire que l'on a bien de la chance d'être sur un voilier moderne, dont l'inconfort est compensé par une certaine vélocité. En passant, remarque pour les nostalgiques, je leur conseille de méditer quand ils vont chez le dentiste et de se remémorer ; comment cela se passait il y a encore bien peu de décennies. Sans être trop fan de la modernité, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas que du mauvais. Tout dépend de ce que l'on en fait et comment on utilise le "progrès"... et c'est là où ça se complique...





Bonjour,

Toujours au près... Dans un brouillard hyper dense, on ne voit pas à 10m... Le vent est un peu faible à notre gout. Nous ne sommes pas très rapides par rapport à nos concurrents. On attend le renforcement du vent avec impatience. On va pouvoir refaire route sud en fin de matinée. Il nous tarde de passer en mode Short-Chapeau Portant dans l'Alizé... Les conditions sont clémentes en ce début de course. Ça nous permet de bien manger, bien dormi, on va être en pleine forme pour attaquer la suite !!!
Tout va bien à bord.
Très bonne journée.

JB et Alex





 

Salut la terre !

Ici le vaisseau fantôme Prendre la mer, agir pour la forêt. Nous avançons dans un brouillard à couper au couteau ! C'est sacrément humide !!! Au près dans 12 nœuds de vent, le bateau file bien même, il faut être sur les réglages. L'équipage est en forme et l'on se repose le maximum en vue des prochaines 24 h puis du portant à suivre. Il va falloir rester lucide !






Bonjour les ami(e)s
Après une nuit mollassonne et humide  en bâbord amure , nous avons viré vers le sud à la faveur d'une grosse bascule de vent. Vous allez penser que je vous ai déjà raconté ça hier et que je radote mais c'est ainsi. Mais cette fois c'est la bonne enfin on verra demain...
Tout le matos est passé de bâbord a tribord et ca ne se fait pas tout seul, 4 bras ne sont pas de trop et la bonne nouvelle du matin c'est que nous sommes en tête de la Transat Jacques Vabre. Oh de pas grand chose mais hier, nous avions 15 miles de retard donc on a bien travaillé. Nous sommes maintenant au large du Portugal en route vers Madere.
Le vent est monté d'un cran et ce n'est pas pour nous deplaire
Tout va bien a bord de made in Midi
on vous envoie des photos des que possible. Promis !

Kito / Achille






Coucou !
Dehors il fait un vrai temps Halloween ! Un brouillard à faire peur ! Alors du coup, on reste à l'intérieur d'Edenred et on mange des bombons !! Pus sérieusement on n'y voit rien, heureusement pas de pêcheurs qui auraient eu la bonne idée de couper leur AIS pour ne pas qu'on leur pique leur coin de pêche ! On est repassé bâbord en début de nuit c'est plutôt le bon bord en ce moment..il y a une belle bataille en ce moment avec les petits  copains autour ce n'est pas pour nous déplaire ! Déjà qu'on ne voit rien il ne manquerait plus qu'il n'y ai pas de jeu !
Manu et Basile à bord d'Edenred



 

Les petits fronts chauds se succèdent et les nuages bas qui vont avec. Actuellement on peut même dire que l'on évolue dans le nuage lui-même. Toujours au près, un coup à droite un coup à gauche... Nous passons pas mal de temps à analyser la météo et le jeu qui est en train de se dérouler. C'est bien excitant d'y participer ! Je découvre les joies d'avoir la météo et les positions des copains.... Ca change pas mal la donne. En tout cas c'est vraiment confort le Class40, pas grand chose à envier à un Mini quand on doit remonter la pente pendant plusieurs jours !

On est bouillant pour la suite, ça promet d'être passionnant !
A plus
ian




 

Bonjour à tous,

Le soleil est enfin de retour à bord de Up sailing unis pour la planète. Nous sortons progressivement du golfe de Gascogne il y a moins de traffic , c'est un stress en moins même si il faut rester vigilant . Avez vous deja regardé une carte de traffic maritime ? C'est affolant le nombre de gros cargos qui circulent sur les océans et brulent  tous les jours des tonnes de pétrole. Et celà essentiellement pour assouvir nos besoins, voir nos caprices de consommateurs compulsifs à coup de "clics".

C' est un petit message pour attirer votre attention sur nos habitudes de consommation , car finalement nous sommes des consom'acteurs ! Ici au moins on est tranquille pour un moment, pas de téléphone portable et pas de carte  bleue pendant trois semaines, le pied :)

Demain promis je vous parle de navigation ....

Morgane .


 


La Fabrique en pleine forme !

Après avoir bénéficié d'une belle journée ensoleilée au large de l'Espagne nous voila repartis vers l'ouest et sa bruine afin de nous recaler dans des vents plus forts et surtout chercher le décalage ouest qui nous servira plus tard. La situation n'est pas simple mais dans quelques jours nous devrions être au reaching puis au portant.

A  part ça la vie est rythée par les quarts de sommeil, les fichiers météos et les repas. Pour l'instant nous n'avons pas encore réussi a manger ensemble, nous sommes un peu décalés au niveau appétit !

Mais par contre les pauses cafés en terrasse sont en place depuis le début. Ça discute de la course ou d'autres choses. Notre fier coursier va bien, pas de problèmes, il aurait juste aimer plus de vent mais cela viendra sans doute un peu plus tard. C'est un grand bonheur de naviguer sur La Fabrique et ce n'est pas fini.

Seb et Alan  40°30'508 N/022°09'010W  245 milles dans l'ouest de La Corogne ESP



24 heures sans bricoles ! C est cool de pouvoir s ocuper de faire avancer le bateau et que ca. Les conditions sont agreable avec un vent pas tres stable enforce par contre. On trouve petit a petit des réglages qui vont bien, c'est interessant d' avoir du temps de s occuper vraiment de ca, et ca change du Mini d avoir un ordi avec des polaires à bord pour trouver des reglages c'est plus efficace ! On va voir si on arrive à grapiller quelques milles aux copains. Sinon c'est des bon doses d'appertise et de dodo.
Bonne nuit
Simon

 

CLASSEMENT  CLASS40  du  31 Octobre à 16H00







CLASSEMENT  IMOCA  du  31 Octobre à 16H00








CLASSEMENT  MULTI50  du  31 Octobre à 16H00








 


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