10ème jour Transat Jacques VABRE 2019

 




Ca cavale bâbord amures entre les Canaries et le Cap Vert ce soir dans des alizés soutenus, tandis qu’en direction du Pot-au-noir la navigation est beaucoup plus tactique. Les petits recalages vers l’ouest sont légion pour aborder le tronçon très délicat de la zone de convergence intertropicale et les dévents de l’archipel du Cap Vert ne facilitent pas non plus la navigation. « Malgré un gros décalage de 150 milles nous en subissons un peu les effets. Le vent vient de passer depuis 2 heures de 20-23 nœuds à 10-12 nœuds, mais cela ne devrait pas durer. C'est juste embêtant que le groupe de derrière, lui, continue à avancer dans du bon vent. Ils vont sûrement être embêtés comme nous, mais ce coup d'accordéon en notre défaveur jusqu'au Pot-au-noir ne nous plaît pas bien » raconte ce soir dans un message Romain Attanasio sur son Imoca Pure. Il est vrai que le groupe de six IMOCA (La Mie Câline-Artisans Artipôle, V and B – Mayenne, La Fabrique, Waterfamily, Times for Oceans et Groupe Setin) gagnent du terrain. 90 milles d’écart contre 150 milles hier soir !

Il y a donc du regroupement dans l’air au sein la flotte des IMOCA à l’heure où Jérémie Beyou et Christopher Pratt sur Charal, tout comme Charlie Dalin et Yann Eliès sur Apivia, mangent leur pain noir dans le Pot-au-noir.

Du côté des Multi50, Solidaires En Peloton – ARSEP s’est fait enfermé dans une zone sans vent en début de soirée. L’hémorragie continue en termes de perte de milles : près de 30 perdus depuis le classement de midi !

Chez les Class40, pas de chamboulements au classement, mais du gagne-petit et du contrôle chez tous les équipages… Crédit Mutuel augmente encore un peu plus son matelas d’avance : 57 milles sur ses poursuivants, il en avait 50 à 16h...




Gilles Lamiré et Antoine Carpentier à bord du premier Multi50 Groupe CGA – Mille et un sourires, désormais sortis du Pot-au-noir dans lequel ils n’auront passés que quelques heures, vont bientôt cavaler dans les alizés de l’hémisphère sud et d’ici deux jours sentir enfin les effluves brésiliennes. Leur arrivée à Salvador de Bahia est prévue dans la nuit de jeudi 7 à vendredi 8 novembre, le deuxième Solidaire En Peloton – ARSEP, 7 heures après. Les IMOCA de tête quant à eux font ce soir leur entrée dans la zone de convergence intertropicale, Charal toujours aux commandes. Pour les Class40 en approche des îles du Cap Vert, la navigation au portant est tonique : 30 nœuds sur une mer agitée et des poissons volants en veux-tu en voilà !

Class40 : Crédit Mutuel creuse un peu plus l’écart

Et 20 milles de plus en 24h ! Ian Lipinski et Adrien Hardy ont désormais 50 milles d’avance sur leurs poursuivants Sam Goodchild et Fabien Delahaye sur Leyton. Les alizés au nord du Cap Vert se montrent diablement costauds depuis la nuit dernière. Cirés étanches et casque à pointes de rigueur pour contrôler les trajectoires sous spi et éviter les sorties de piste. Ajoutez à cela des poissons volants que les grosses vagues balancent sur le pont, on se croirait dans un toboggan du parc Astérix. « On barre beaucoup dans ces conditions, nous avons deux ris dans la grand-voile et le spi de brise. Crédit Mutuel va toujours plus vite, ce sont ses conditions. On essaye de tenir la cadence » confiait ce midi Aymeric Chappellier sur Aïna Enfance & Avenir, 7 milles derrière Leyton. Une vidéo du bord de Crédit Mutuel envoyée ce jour montre qu’ils sont sous grand spi… Incroyable le niveau de jeu des équipages en Class40 ! 700 milles en arrière, Equipe de Voile Parkinson affiche enfin une vitesse normale après s’être empêtré de longues heures dans le dévent de l’île de Madère. Et l’on apprend ce midi après avoir réussi à les joindre que Paul Gallet et Pierre-Antoine Tesson sur Kerhis, 18e, naviguent à tâtons sans fichiers météo ni réception de classement : « On fait un peu la course en solo, parce qu’on a eu quelques soucis sur le bateau, on ne sait pas où sont les concurrents et on n’a pas de météo. Nous appréhendons un peu le Pot-au-noir, on va peut-être rester bloquer 6 jours on ne sait pas. A l’ancienne ! »

Multi50 : Mille et un sourires à bord de Groupe GCA
Ca redémarre pour Gilles Lamiré et Antoine Carpentier à 15 nœuds désormais après avoir été ralenti la nuit dernière dans le Pot-au-noir où le vent synoptique leur a permis de ne jamais s’arrêter. L’écart avec Solidaires En Peloton – ARSEP reste du coup conséquent (près de 100 milles), le bateau bleu n’ayant finalement pas eu le temps de recoller. A Salvador de Bahia, tout est prêt pour accueillir les multicoques, et le premier est attendu dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 novembre. Car sur le dernier tronçon, les alizés de sud-est sont parfaitement établis et les fichiers météo prévoient du vent jusqu’à l’entrée de la Baie de Tous les Saints. Il va cependant falloir être vigilants aux effets de vent locaux et aux pêcheurs le long des côtes brésiliennes. Quant au troisième Multi50, Primonial, il devrait rentrer aux côtés de l’IMOCA Apivia dans les nuages du Pot-au-noir dans quelques heures. Leur escale au Cap Vert a engendré plus de 300 milles de retard.

IMOCA : petits coups et décalages en approche du Pot-au-noir
Dans la nasse nuageuses, Charal n’avance plus qu’à 2 nœuds et Apivia a ralenti ce soir à 7 nœuds. Derrière, il y eu des empannages pour caler l’entrée dans la zone de convergence intertropicale. A bord, ça cogite tandis que les vitesses des grands monocoques décroissent. Moins de 50 milles derrière le groupe de tête, il faut compter maintenant 10 bateaux en chasse dont certains ne sont pas mécontents d’être là après avoir tenté le diable, souvenez-vous, en début de course. « On est ravis d’être dans le Sud, on revient sur les bateaux de devant qui doivent avoir un peu moins d’air que nous, donc on réduit l’écart ce qui est plutôt sympa ! On est en train de chercher notre porte d’entrée du Pot-au-noir, à l’est ou à l’ouest, on regarde ça de près. » racontait ce midi Yannick Bestaven sur Maître CoQ revenu de loin, comme Boris Herrmann et Will Harris sur Malizia II – Yacht Club de Monaco, les plus rapides ce soir avec encore près de 20 nœuds de vitesse. Il va certes y avoir du rapprochement dans la zone tampon du Pot-au-noir mais dès la sortie les foilers vont rapidement décrocher les bateaux à dérive. Ils n’attendent d’ailleurs que ça ! La flotte des IMOCA s’étale sur 1 000 milles de Charal à Ariel 2, cela veut dire des systèmes météo différents et une zone de convergence intertropicale qui peut évoluer.


Nous y sommes. Groupe GCA – Mille et un sourires est entré cette nuit dans les bizarreries du Pot-au-noir. Des 22 nœuds au compteur, Gilles Lamiré et Antoine Carpentier n’en voient plus que 9, mais peuvent se féliciter de continuer à avancer. Forcément, une compression de la flotte est attendue dans les prochaines heures, et déjà Solidaire En Peloton -  ARSEP a rattrapé 50 milles depuis ce midi ! La flotte des IMOCA, elle aussi, se regroupe avant même la Zone de Convergence Intertropicale avec le retour des gros parieurs de l’ouest : Advens for Cybersecurity n’est plus qu’à 30 milles du tableau arrière d’Arkea-Paprec. Il va sûrement se passer des surprises au sein de la flotte de la 14e édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre d’ici l’arrivée dans la Baie de Tous les Saints…

Class40 : Le grand écart
600 milles séparent ce matin le leader de la flotte Crédit Mutuel, du dernier Equipe Voile Parkinson qui recommence à peine à accélérer à 7 nœuds sous l’île de Madère. Dans l’ouest des îles Canaries, des duels et des bagarres ont lieu, la régate ne s’arrête décidément jamais ! Chocolats Pariès – Coriolis Composites et Prendre la mer Agir pour la forêt ont à peine 3 milles d’écart. A la 9e place Edenred et Vogue avec un Crohn 8e, ne se lâchent plus d’une semelle à 1 mille, et Crosscall Chamonix-Mont Blanc ne doit surtout pas laisser passer Linkt s’il veut conserver sa 5eme position. Devant, c’est toujours le tandem Lipinski/Hardy qui tient la dragée haute toujours avec le même écart d’une bonne trentaine de milles devant Leyton et Aïna Enfance & Avenir. Sur ce long bord bâbord amures cap plein sud, pas de grande stratégie mais du placement et surtout de la vitesse max !

Multi50 : coup de frein pour Groupe GCA – Mille et un sourires
Primonial après son arrêt au Cap Vert a perdu beaucoup. Sébastien Rogues et Matthieu Souben se font croquer par les IMOCA de tête, positionné entre Charal et Apivia à 22 milles de leur tableau arrière. Devant, les étraves de Groupe GCA – Mille et un sourires pointent le bout de leur nez dans le Pot-au-noir. Gilles Lamiré et Antoine Carpentier ont sérieusement ralenti. 7 nœuds, puis 10 nœuds, un coup ça avance, un coup ça ralenti. Le tandem commence à manœuvrer dans les griffes de cette nasse capricieuse. Solidaires En Peloton – ARSEP continue sa cavalcade à 20 nœuds mais sait parfaitement que dans une poignée d’heures se sera son tour.

IMOCA : jeu grand ouvert derrière Charal
Toujours 70 milles d’avance ce matin pour Jérémie Beyou et Christophe Pratt à bord de Charal ! Derrière le jeu reste très ouvert, surtout celui des chaises musicales : Apivia voit 11th Hour Racing se rapprocher dangereusement voire le dépasser par l’ouest tandis PRB et Banque Populaire se bagarrent comme des fous avec 2 milles d’écart par rapport à la route directe. L’incroyable remontée de Thomas Ruyant et Antoine Koch sur Advens for Cybersecurity leur permet de raccrocher le wagon des 5 IMOCA positionnés dans l’ouest des îles du sud de l’archipel du Cap Vert. On notera également la belle trajectoire de Newrest – Arts & Fenêtres qui reprend des milles après son passage à l’intérieur des îles. A plus de 1000 milles de Charal, Ariel 2, mené par l’équipage norvégien Huusela/Fergusson, pénalisé par une grand-voile très abîmée depuis le golfe de Gascogne, fait du mieux qu’il peut ! 


 

Bonsoir,

Quelques nouvelles du bord du class 40 Crédit Mutuel.
La journée a été parfaite, grand beau temps, vent de nord-est pour 20 nœuds, le bateau file rapidement sous pilote avec une grande facilité, du coup l'ambiance
est assez détendue avec peu de travail pour les marins. On se réjouit de voir notre avance augmenter. Nous avons profité pour écouter des podcasts, lire, et observer la mer. Pendant tout un moment un puffin est venu jouer autour du bateau pour espérer trouver des poisons, mais je ne l'ai pas vu en attraper un seul.
Moi aussi, je m'étonne de ne pas voir de poisson volant jusque-là. J'ai l'impression qu'au fil des années, leur nombre diminue. Si cela est avéré ce n'est pas sans importance puisque les exocets doivent être en début de chaîne. Sans doute qu'une étude scientifique doit exister sur le sujet ?

Vers 18h, avons croisé certains bateaux de la Mini-Transat qui filaient plein ouest vers les Antilles, et discuté avec eux par VHF, c'est bien sympa de se remémorer nos souvenirs sur cette course. A la tombée de la nuit nous avons changé de voile, le bateau descend les vagues à toute vitesse et Ian veille dehors prêt à choquer les écoutes.

La stratégie n'est pas très compliquée pour aller jusqu'au Pot-au-noir, c'est tout droit sans changement d'amure a priori. Il faut aller vite, ne pas casser le bateau et rester vigilant.

Bonne nuit à tous,
Adrien et Ian

 


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