CAPTURES ACCIDENTELLES DE DAUPHINS :  La réalité des faits
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| UFPA Union Française des Pêcheurs Artisans | Actualité  Vu 17435 fois
Article N°29405

CAPTURES ACCIDENTELLES DE DAUPHINS : La réalité des faits

La décision conjointe du Ministère en charge de la Mer et du CNPMEM (Comité National des Pêches) de reconduire les fermetures spatio-temporelles du Golfe de Gascogne à la pêche en 2027, avec pour seul aménagement possible la possibilité pour les armements de la pêche artisanale – fileyeurs et ligneurs – de répartir l'arrêt de pêche imposé de 1 mois sur trois mois consécutifs, est sensée être justifiée par la persistance d'un « doute raisonnable » sur le fait que la « prédation » des petits cétacés par la pêche aurait toujours une incidence directe sur une dégradation du RMD au delà du seuil préconisé par le CIEM, et sur l'affirmation que les arrêts de pêche précédents ont eu une incidence positive sur les captures accidentelles en période critique, mérite vérification sur base des analyses de l'Institut Pélagis relatives aux échouages constatés.


ANALYSE CONTRADICTOIRE DES DONNEES DE L'INSTITUT PELAGIS

Selon les statistiques publiées par Pélagis, les données relatives aux échouages en 2026 s'établissent, à ce jour, comme suit :
 

A savoir, au total, 271 échouages de dauphins communs constatés en Atlantique pendant cette période dite critique.

ANALYSE DE CES DONNEES :

1 – Estimation des captures accidentelles :

Selon les dernières interprétations de Pélagis, rectifiées début 2026, ces échouages ne représenteraient que 31 % des captures accidentelles réelles (et non plus 24%), pour autant que l'intégralité de ces échouages et mortalités constatées sur l'estran puissent être à 100% attribuées à une action de pêche.

Sur ces bases, et pour reprendre la formule de calcul de Pélagis :  Nombre captures = (Nb. Echouages x Y) / Z où :

  • Y : % de carcasses échouées présentant des traces de captures (en pourcentage)
  • Z : % de carcasses flottant (en pourcentage)
  • avec Y = 80% et Z = 31%

Nous en déduisons que le nombre de captures accidentelles pour la période critique 2026, s'établirait à 699 individus ( 874 = (271 x 80%) / 31%) pour les dauphins communs dans le Golfe de Gascogne.

2 – Rapprochement avec le RMD :

Sans compliquer la méthode de calcul du Rendement Maximum Durable, dont d'ailleurs les recommandations divergent selon les auteurs, nous limiterons notre analyse au principe selon lequel le Taux de captures accidentelles ne doit pas dépasser 1% de la biomasse théorique présente sur la zone concernée.

Sans même revenir sur les faits que la population migratrice de dauphins au niveau de l'Atlantique Nord Est, dont les stocks régionaux (GDC) sont non quantifiables avec pertinence, a été estimé par Pélagis à 634.000 individus en 2024, nous retiendrons, par défaut, une biomasse de l'ordre de seulement 200.000 individus pour le Golfe de Gascogne en période critique, et nous en déduirons que les 699 individus – potentiellement capturés par la pêche artisanale - ne représenteraient que 0,3 % du stock estimé... soit largement inférieur au seuil RMD de 1% préconisé.

RMD : (699 / 20.0000) X 100 = 0,3 %

3 – Constats sur l'incidence de l'arrêt de pêche :

Au cours des années précédentes, il a été souvent rétorqué que l'analyse du ratio échouages/captures accidentelles devait prendre en considération le fait que les échouages étaient différés de parfois presque 1 mois par rapport à la date réelle des captures accidentelles en raison de la théorie - contestée - de la dérive inverse.

Dans le graphique des échouages de Pélagis ci dessus, il est constaté que les échouages les plus abondants ont été constatés en février et mars 2026, soit en pleine période d'arrêt de pêche, ou à une période ne permettant pas d'incriminer les actions de pêche du fait du temps théorique de dérive des cadavres vers la côte.

Il est par conséquent patent que les échouages de petits cétacés ne peuvent être attribués, sans pragmatisme, et en grande majorité, aux actions de la pêche artisanale.

INTERROGATIONS

De ce qui précède, nous ne pouvons que nous interroger sur la pertinence des arguments scientifiques permettant de justifier la reconduction pour 2027, d'un arrêt de pêche modulable d'une période de 1 mois pour l'ensemble des navires opérant dans le Golfe de Gascogne, sauf à suspecter :

  • Une soumission, mais surtout une incompréhension, de la part de la Commission Européenne aux préconisations du CIEM

  • Une soumission du Ministère en charge de la Pêche ET du CNPMEM, aux directives de la Commission Européenne ET aux lobbys écologistes sur base de données scientifiques non avérées de Pélagis

  • Une politique du CNPMEM visant à favoriser certains métiers et à en diaboliser d'autres selon le principe bien connu qu'il importe de « diviser pour mieux régner »

  • Une politique du CNPMEM de contraindre les armateurs artisans au profit des armements industriels dont l'impact sur la chaîne trophique est certainement plus préjudiciable aux petits cétacés que d'éventuelles captures accidentelles.

  • Un intérêt de Pélagis et autres organisations à voir se poursuivre des missions d'expertises à des fins lucratives

REVENDICATIONS

Devant ces incohérences inexplicables, l'UFPA renouvelle ses revendications :

  • De se voir intégré au Groupe de Travail Cétacés encadré par la DGAMPA

  • De soumettre les conclusions scientifiques de Pélagis à l'appréciation d'un organisme scientifique indépendant

  • De voir officiellement confirmé par le CIEM les réserves formulées par eux sur la pertinence des conclusions de Pélagis

  • De sensibiliser le Ministère en charge de la pêche, et le Gouvernement, sur les conséquences économiques induites de ce principe injustifié de précaution et d'obtenir une prise de position démocratique de l'Assemblée Nationale sur les dispositions coercitives prises.

  • De statuer sur la prise de position du CNPMEM en la matière, allant à l'encontre de l'intérêt des professionnels, dont cet organisme à la charge et l'obligation de défense.

     

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