Les Boudubouts à Madagascar vous emmènent à TANANARIVE
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| Les Iles de l'Océan Indien | Actualité  Vu 608 fois
Article N°29412

Les Boudubouts à Madagascar vous emmènent à TANANARIVE

Il suffit parfois de prendre un peu de hauteur pour comprendre une ville.

Ce matin, nous grimpons vers la Haute Ville de Tananarive. Les ruelles se rétrécissent, les escaliers remplacent peu à peu les rues et, derrière chaque virage, les toits de la capitale se dévoilent un peu plus.
 

Tout en haut, deux bâtiments dominent l’histoire de Madagascar.





Le premier est le palais de la Reine, le Rova. Pendant des siècles, il fut le cœur du royaume merina, le lieu où s’écrivait le destin de l’île.
À quelques pas se dresse le palais du Premier ministre, imposante bâtisse de pierre qui symbolisait l’autorité politique auprès de la monarchie.

Deux édifices qui racontent à eux seuls une grande partie de l’histoire malgache.




Nous franchissons leurs portes avec une certaine émotion.
Les murs sont toujours là.
Majestueux.
Imposants.
Ils ont traversé les décennies, les incendies, les guerres et les bouleversements politiques.
Mais, à l’intérieur…
Le vide.
Les salles résonnent davantage de leur passé que de ce qu’elles montrent aujourd’hui. Nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer les meubles, les objets, les portraits, les conversations qui animaient autrefois ces lieux. Les bâtiments ont été sauvés. Leur âme, elle, semble encore attendre de retrouver toute sa place.

À quelques mètres de là, un autre bâtiment attire notre regard : l’ancien palais de Justice.
Sa façade impose le respect, mais c’est surtout une immense fresque qui retient notre attention. Elle déroule plusieurs siècles d’histoire malgache comme un livre ouvert.
Les royaumes.
Les souverains.
Les échanges.
Puis viennent les Français.
En quelques tableaux, toute la complexité de cette période apparaît. La colonisation a laissé des infrastructures, une administration plus structurée, un État de droit inspiré du modèle français… mais elle s’est aussi accompagnée d’une conquête brutale, de répressions sanglantes et de souffrances dont la mémoire reste profondément ancrée dans le pays.

Comme souvent, l’histoire refuse les jugements trop simples.
Elle oblige à regarder toutes les facettes d’une même réalité.

Nous quittons les monuments pour nous perdre dans les ruelles de la Haute Ville et c’est peut-être là que Tana nous touche le plus.




Les rues sont étroites. Les maisons semblent s’accrocher les unes aux autres pour ne pas glisser le long des collines. Beaucoup sont construites en briques de latérite, cette terre rouge si caractéristique de Madagascar, qui donne à la ville sa couleur chaleureuse.

Le soleil joue avec les façades.
Les enfants traversent les escaliers en courant.
Une porte s’ouvre sur une cour intérieure. Plus loin, une vieille dame discute avec sa voisine, accoudée à une fenêtre en bois.

Nous ralentissons naturellement le pas.
Il n’y a plus vraiment de monument à admirer.
Seulement une ville qui vit.

Et c’est souvent à cet instant que commence le véritable voyage. Lorsqu’on cesse de visiter pour simplement regarder, écouter… et laisser un pays raconter son histoire à son propre rythme.



Didier BOUDUBOUTS

Lien :https://didier-cujives.smartrezo.com/index.html

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